Varlam Chalamov, témoin des bourreaux du Goulag

Les camps soviétiques constituent un terrain idéal pour l’étude de la figure du bourreau. Varlam Chalamov en a observé plus d’un pendant sa longue détention. La diversité des portraits qu’il en trace surprend son lecteur : le bourreau est tantôt un détenu, tantôt un membre du personnel des camps ; il agit soit par plaisir, soit par conviction, à moins qu’il ne se laisse simplement contaminer par la violence qui règne dans les camps. Certains témoignages ont aussi clairement souligné l’utilisation, par les autorités, des détenus de droit commun comme bras armé lors des purges internes au Goulag. L’horreur des camps ne se résume pas aux conditions de détention – travail, nourriture, climat, nourriture, etc. Chalamov, même libre, ne sait comment survivre à ce qu’il a vu. Marqué par cette expérience révélatrice, selon lui, de la cruauté des hommes, il condamne tous ceux qui ont aidé à la mise en place de ce système.