Cinéma(s) russe(s)

Tout le cinéma soviétique et russe ICI

De Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein à Andreï Zviaguintziev, parcours à travers la cinématographie russe, plurielle et complexe !

Plus encore que dans les cas d’autres grandes cinématographies nationales, il s’avère difficile de suivre un fil rouge (sans jeu de mot) qui définirait une essence — voire une « âme » — du cinéma russe. À propos, par exemple, des cinématographies américaine et française, on trouve rapidement un ou deux maîtres-mots qui, sans bien sûr les épuiser, peuvent s’appliquer à l’ensemble de celles-ci — narrativité pour la première, naturalisme et oralité pour la seconde —, mais on peinerait à faire de même pour le cinéma qui a été produit en Russie à partir de 1908. Cinéma poétique, formaliste, politique, panthéiste, épique ? Cette irréductibilité à une caractérisation générale a sans doute été favorisée non seulement par l’immense étendue du pays mais aussi par la succession des régimes politiques (tsariste, soviétique, stalinien, post-stalinien, brejnévien, « perestroïkien », poutinien) avec lesquels les cinéastes russes se sont colletés, que ce soit sur le mode de l’enthousiasme, du malentendu, du conflit, de la complaisance ou de la contrebande. Ce numéro est le premier qu’Upopi consacre à une cinématographie nationale, avec la modestie mais aussi la ferveur qui s’imposent devant un cinéma russe décidément pluriel et complexe.

Pour commencer, un texte illustré propose une traversée du cinéma russe contemporain, hanté de diverses façons par le passé soviétique. Une frise chronologique revient quant à elle sur deux périodes de cette cinématographie, celles dites du Dégel puis de la Stagnation, moins bien connues que celle des années 1920 et 1930, et pourtant riches d’élans, d’espoirs, de déceptions et de tragédies. On revient aux temps héroïques du cinéma soviétique avec Esther Choub, véritable pionnière du cinéma de montage d’archives, et avec le film de Dziga Vertov L’Homme à la caméra, auquel on consacre un montage vidéo commenté  ainsi qu’un retour d’expérience qui témoigne du travail sur ce film d’élèves d’un lycée agricole de la région Centre-Val-de-Loire.

Le film du moment, Au bout du monde (1999), a été produit en France mais réalisé par un cinéaste russe, Konstantin Bronzit. Les pays slaves, en particulier la Russie, la République tchèque et la Pologne sont riches d’une longue tradition de cinéma d’animation : ce numéro d’Upopi se devait d’en témoigner !

Les compléments de programme offrent un riche sous-ensemble consacré à Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein, l’un des inventeurs de formes les plus influents de l’histoire du cinéma, inséparable de l’ère soviétique : deux montages vidéo, l’un sur La Ligne générale, le film stupéfiant d’Eisenstein et d’Alexandrov, et l’autre autour de Steps, court métrage du Polonais Zbigniew Rybczynski qui, très littéralement, revisite la scène de l’escalier d’Odessa du Cuirassé Potemkine ; un texte illustré qui porte sur la prise du palais d’Hiver par les bolchéviques en 1917 à Saint-Pétersbourg, événement central du film d’Eisenstein Octobre ; enfin, un ensemble d’exercices ludiques autour des œuvres inspirées par ce que le philosophe Jacques Rancière appela la « folie Eisenstein ».

Qui dit Eisenstein dit bien sûr montage : c’est l’occasion de revenir sur un des métiers du cinéma présentés par Upopi, celui de monteur/monteuse image.

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