Cinéma russe : Le Bras de diamant, sous-titré français

Le Bras de diamant est un film soviétique de 1968 réalisé par Leonid Gaïdaï. Cette comédie de Mosfilm comporte au générique plusieurs acteurs soviétiques célèbres, dont Youri Nikouline, Andreï Mironov, Anatoli Papanov, Nonna Mordioukova et Svetlana Svetlitchnaïa.

Le Bras de diamant est devenu un film culte soviétique et russe : il est considéré par beaucoup comme l’une des meilleures comédies de l’époque. L’intrigue est basée sur un fait réel : des contrebandiers suisses tentèrent de sortir d’URSS des bijoux dans un plâtre chirurgical. De nombreuses scènes ont été tournées à Sotchi et à bord du paquebot „Украина”/Ukraine, l’ancien „Basarabia” confisqué au Service maritime roumain en 1945 par l’URSS.

Les comédies de Leonid Gaidai sont un monde à part dans la cinématographie soviétique et russe. Plusieurs générations ont grandi avec ses films et plusieurs vont grandir avec eux sans doute.

Drôles, pleines de personnages très différents et caractériels, elles vont vous faire rire aux larmes…

Le Bras de diamant est un vrai régal, mais quelle histoire ! On dit que pendant le tournage du film, un des capitaines du KGB a été chargé de surveiller tout ce qui se passait sur le plateau. Heureusement, le scénario a passé la censure bien avant …

Une bande de contrebandiers prépare sa nouvelle opération. Pour cette fois, il s’agit de transporter en URSS des diamants cachés dans un plâtre porté par l’un d’entre eux.

Le plan est simple. Un des complices sous le nom de Kozodoev prend un bateau de croisière comme touriste. Pendant une balade en ville, il doit tomber à une heure précise devant une pharmacie précise et prononcer une phrase secrète « Diable ! » qui va aider ses complices à le reconnaitre.
La suite est une question de technique. En aidant le  pauvre « touriste » à soigner sa « main cassée », les complices vont fourrer le plâtre de diamants, ce qui permettra  de les faire passer inaperçus à la douane.
Tout aurait pu très bien se passer, si jamais le hasard ne s’était pas mêlé de cette affaire…

Semion Semionovich Gorbunkov, simple économiste, prend la même croisière que Kozodoev et se trouve dans la même cabine que le contrebandier.

Pendant 7 jours de voyage remplis des anecdotes, des visites et des chansons, Gorbunkov tombe sous le charme de l’excentrique bandit et ils deviennent de bons amis.

Pendant la fameuse balade dans le dernier port de la croisière, Kozodoev essaie à tout prix de se débarrasser de Gorbunkov pour accomplir sa mission … Finalement arrivé au point de destination il retrouve ses complices complètement ahuris. Ils ont tout fait comme prévu mais avec une autre personne, qui en tombant, a prononcé malencontreusement le fameux mot de passe.
Sans avoir retrouvé les traces de cet inconnu, Kozodoev revient sur le bateau et aperçoit son ami Gorbunkov avec la main  dans le plâtre …

Que l’aventure commence !

Source : http://www.russiefrancophone.com/cinema-russe-bras-de-diamant/

 

БРИЛЛИАНТОВАЯ РУКА

…OU LES RAISONS D’UN SUCCES

Comment expliquer en URSS l’énorme succès de cette comédie, rigoureusement inconnue en OCCIDENT (y compris dans les obscurs ciné-clubs où traînent encore quelques mordus), inconnue comme d’ailleurs l’ensemble des comédies de l’époque soviétique? Au moment de sa sortie et jusqu’à nos jours, des générations de russes en ont bu chaque scène et appris par cœur les répliques.
L’explication la plus répandue est que le film montrait un citoyen soviétique moyen, l’inénarrable Semion Semionovitch GORBOUNKOV (Youri NIKOULINE), qui réussissait à voyager à l’étranger, à sortir de l’URSS. Les répliques de sa femme Nadia lui demandant à son retour, dans le lit conjugal, « А ты Софи Ларен видел? » et « А ты кока-колу пил? » sont les plus amusantes, mais aussi les plus révélatrices de l’attrait énorme du « monde libre », ou tout simplement l’attrait de l’interdit, pour des citoyens qui osaient à peine rêver de sortir un jour du pays.
Il y a aussi la critique à peine voilée du système soviétique et de ses mesquineries, critique concentrée ici sur le personnage de l’Управдом (le terme pose évidemment un problème de traduction), représentant d’un système politique qui s’immisce jusque dans les foyers, avec ses slogans et sa morale (« Пьянству-бой », « Наши люди в булочную на такси не ездят ».), et qui se retrouve ici parfaitement ridiculisé: « Может, там собака – друг человека, а у нас управдом – друг человека. »
Il y a encore les libertés que prend le réalisateur, et qui sont passées à travers les fourches caudines de la Mosfilm. Les gags à répétition autour de la prostituée turque sont un petit chef d’œuvre du jeu d’acteur… et du dialogue « multilingue »! L’interjection цигель, цигель, ай-лю-лю est même passée dans le langage courant. La fameuse scène avec le soutien-gorge surtendu de la blonde platine Svetlana Svetlichnaïa, gag hénaurme d’un goût plus médiocre, rompait également quelque peu avec le puritanisme de cette même morale, et révélait pour autant de bonnes qualités parodiques (voir ci-après). La scène où Kozodoev croit voir un Sauveur sur la lagune montrait également une belle liberté de ton.

Il est certain que tout cela a du réjouir bon nombre de spectateurs soviétiques de l’époque. Mais de nos jours? Comment expliquer cette pérennité dans le succès? Bon nombre de gags ne se comprennent et surtout ne s’apprécient que dans un contexte soviétique. Alors? Comment expliquer?

Sans doute parce que le film évoque maintenant par contrecoup la nostalgie d’une époque où l’on pouvait encore rêver. Car maintenant que le capitalisme et ses facilités équivoques tiennent la Cité, c’est trop tard. On ne va pas regretter les Soviets, Dieu nous en préserve, mais pourtant tout ça ressemble à l’histoire de Charybde et Scylla de nos classes de latin.
Et puis aussi la comédie comporte quelques qualités intrinsèques, rendons-lui cette justice! Hors la présence des trois ou quatre « monstres sacrés », dont bien sûr le sémillant красавчик à la mèche rebelle, Andreï MIRONOV, on trouve au long de cette comédie bien montée et bien rythmée une musique – et des chansons – excellentes, un générique à la AUDIARD, quelques bruitages à la HULOT, et de nombreux gags qui fonctionnent, même s’ils sont parfois en effet d’un goût inégal. Certains sont même novateurs, comme le découpage très inattendu du film en deux parties disproportionnées, avec entre elles un illisible et furtif « résumé des épisodes précédents »! Et enfin, pour compléter le tout, quelques parodies du cinéma occidental bien senties: le rêve de KOZODOEV avec le chat vengeur (« Psychose » et « Les oiseaux » ne sont pas loin), ou bien le duel final  dans la station de lavage. Parodier le western avec un pot d’échappement à la main, il fallait quand même le trouver!

Quoiqu’il en soit, ce film est indispensable à tout russisant! Nous vous proposons ci-après l’intégralité des dialogues en russe, découpées en 30 scènes, avec en regard une proposition de traduction en français. Le russe vaut pour l’aspect synthétique du registre parlé et quelques argotismes. Notez aussi: les verbes de mouvement, encore et toujours, un intéressant разъездиться, et la déclinaison des formes courtes des prénoms et patronymes.
Nous avons choisi quelques répliques cultes (en rouge), mais ce genre de sélection est difficile…
Notre réplique préférée est très lapidaire:

« Шанпанское по утрам пьют или аристократы или дегенераты. » Faites votre choix!

 

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