Journée internationale des femmes, journée nationale des fleurs

La journée internationale des femmes est, depuis toujours, une fête pour l’industrie des fleurs en Russie. Tandis que les femmes reçoivent cadeaux et compliments, les fleuristes gagnent l’équivalent de plusieurs mois de recettes en une seule journée…

« Le cadeau idéal »

« C’est vrai ? Vous avez congé le 8 mars ? On pourrait faire tout un reportage à ce sujet ! », les Françaises que je côtoyais à l’École de journalisme de Strasbourg s’étonnaient que la journée de la femme soit célébrée au niveau fédéral en Russie. Et encore davantage que, ce jour-là, les femmes y reçoivent des signes d’attention ainsi que des cadeaux et des fleurs.

Le 8 mars est la fête préférée de nombreuses Russes, et ce depuis l’enfance : ce jour-là, comme lors de leur anniversaire, elles attendent des cadeaux offerts par leur famille et leurs amis.

À la différence de la majorité des pays occidentaux, en Russie, le 8 mars ne symbolise pas l’émancipation des femmes. Il s’agit de la fête des femmes et de la féminité, dont la fleur est depuis longtemps le principal symbole : elles en reçoivent de leur bien-aimé, de leurs collègues, de leurs camarades de classe, de leurs enfants et petits-enfants…

Les 7 et 8 mars, on peut acheter du mimosa et des tulipes n’importe où : dans les passages souterrains, les supermarchés, les librairies… Sans parler des fleuristes, dont un grand nombre sont ouverts 24h/24.

A la veille du 8 mars, les ventes de fleurs explosent sur le marché russe. « Les 7 et 8 mars, nos magasins gagnent l’équivalent de six mois de recettes », explique Elena Gnoussova, propriétaire de la chaîne de magasins Biografia Tsvetov ( « Biographie des fleurs »), situés dans le centre de Moscou. Même le jour de la Saint-Valentin, son chiffre d’affaires est dix fois moindre.

Lors de la journée de la femme, les magasins d’Elena reçoivent des commandes aussi bien de particuliers que d’entreprises. Depuis de nombreuses années, tulipes, jacinthes, mimosa, acacia, narcisses et muscari dominent le classement des meilleures ventes.

Les fleuristes reconnaissent augmenter de 2 à 2,5 fois le prix des fleurs la veille de la fête. Selon Elena, un bouquet coûte alors 5 000 roubles (environ 72 euros) dans ses boutiques.

Chez un fleuriste de Moscou. Crédits : flowow.com
CHEZ UN FLEURISTE DE MOSCOU. CRÉDITS : FLOWOW.COM

Une concurrence féroce

Les fleurs arrivent dans les échoppes russes de trois façons : elles sont achetées soit directement dans des plantations en Amérique latine ou en Afrique, soit à des négociants en Europe, soit à des grossistes russes. Elena se fournit chez des grossistes moscovites. Par rapport à d’autres industries, celle des fleurs est relativement compétitive en Russie, aucun de ses acteurs ne possédant plus de 10 % des parts de marché. Le chiffre d’affaires annuel des grossistes dépasse les 500 millions de roubles (7,3 millions d’euros), selon RBC.

Le plus grand marché de fleurs moscovite existe depuis plus de 30 ans. Il s’agit du célèbre Rijski Rynok ( « Marché de Riga »), qui propose le plus grand assortiment de fleurs à prix de gros. Ses principaux clients sont les revendeurs et les fleuristes.

Le marché russe de la fleur est également ouvert aux étrangers. Un des fleuristes les plus populaires de la capitale est la chaîne française Vo imia rozy ( « Au nom de la rose »), exploitée en franchise. Autre exemple français : Feïa rozy ( « La fée de la rose »), fondée il y a près de dix ans par la Parisienne Florence d’Aldin. L’entreprise achète non seulement des fleurs à l’étranger, mais elle cultive également ses propres roses près de Moscou, dans la région de Kalouga.

Le marché de Riga, principal marché de fleurs de la capitale russe. Crédits : mairie de Moscou
LE MARCHÉ DE RIGA, PRINCIPAL MARCHÉ DE FLEURS DE LA CAPITALE RUSSE. CRÉDITS : MAIRIE DE MOSCOU

De manière générale, la Russie est aujourd’hui une des plus grandes consommatrices de fleurs au monde. Selon la société Global Research Consulting, le marché russe a représenté un volume de 1,77 milliard de fleurs en 2015, sans compter les importations frauduleuses, qui ont toujours été importantes dans le pays. Importations auxquelles s’ajoutent les fleurs cultivées dans les exploitations tenues par des particuliers (5 % du marché environ).

En 2015 (aucune donnée plus récente n’est accessible), le marché de la fleur s’est élevé à 2,6 milliards de dollars, soit 27 % de moins qu’en 2014. Cette baisse est liée à la brusque dévaluation du rouble, qui se stabilise toutefois depuis deux ou trois ans. D’après le Service fédéral des douanes, les importations représentent plus de 70 % du marché russe de la fleur.

From Russia with love

Avant la « guerre des sanctions », les Pays-Bas étaient le premier importateur de fleurs en Russie. 38 % des fleurs livrées dans le pays provenaient de ce pays.

À l’été 2015, un an après l’introduction des contre-sanctions russes sur les produits alimentaires européens, l’agence fédérale de contrôle Rosselkhoznadzor a découvert l’existence d’une multitude de parasites dans les fleurs néerlandaises, dont le thrips californien. L’agence a décrété que l’importation des fleurs de ce pays dépendrait des « résultats des expertises phytosanitaires ». Pour une production aussi fragile que celle des fleurs, cette décision équivaut quasiment à une interdiction des importations.

Deux ans après l’entrée en vigueur de cette quarantaine, si les livraisons de fleurs néerlandaises ont sensiblement diminué, elles continuent toutefois d’être importées en Russie selon un système parallèle, l’Italie étant indiquée comme le pays producteur sur la marchandise qui entre dans le pays.

Un vaste champ de tulipes aux Pays-Bas. Crédits : VRM Reisen
UN VASTE CHAMP DE TULIPES AUX PAYS-BAS. CRÉDITS : VRM REISEN

Depuis 2016, le premier importateur officiel de fleurs en Russie est l’Équateur, où la fleur est l’une des principales sources financières d’exportation. Aujourd’hui, presque 60 % des roses importées en Russie viennent de ce pays, qui vend également des œillets, des asters et des gypsophiles.

Une grande partie des chrysanthèmes, lis et glaïeuls disponibles en Russie sont originaires d’Italie. Parmi les autres grands fournisseurs, on retrouve la Colombie, l’Espagne et la Thaïlande, à laquelle sont achetées principalement des orchidées. Enfin, près de 30 % des fleurs cultivées en Russie le sont sous serres dans la partie européenne du pays.

Les prévisions de développement de l’industrie russe des fleurs sont favorables. Selon les analystes de l’agence BusinesStat, le marché ne fera que croître, et ce à un rythme qui augmentera au fur et à mesure que la crise économique sera surmontée.

 

Source : https://www.lecourrierderussie.com/economie/2018/03/journee-internationale-femmes-fleurs/

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