Mort du baryton russe Dmitri Hvorostovsky

Le baryton originaire de Sibérie, qui a connu une ascension fulgurante sur les plus grandes scènes du monde, s’est éteint à Londres le 22 novembre, à l’âge de 55 ans.

Luttant depuis deux ans et demi contre la tumeur au cerveau qui l’a emporté, le baryton russe Dmitri Alexandrovitch Hvorostovsky est mort près de son domicile londonien, le 22 novembre à l’âge de 55 ans. Dans la Sibérie où il grandit, il est né à Krasnoïarsk le 16 octobre 1962, Dmitri bénéficie de la politique culturelle menée alors qui voit la multiplication des théâtres, conservatoires, salles de concert et musées sur un territoire jusque-là négligé. Cela le marque si profondément qu’il s’en fera l’ambassadeur vantant les « forêts obscures et les fleuves sauvages » comme il défendra le patrimoine musical russe, savant et populaire, lyrique et mélodique. Ses parents sont tous deux scientifiques et aiment la musique : le père, Alexandre, ingénieur chimiste, joue du piano, la mère, Ludmilla, gynécologue, a une voix de soprano et Dmitri naturellement se met au clavier comme au chant choral. Si l’adolescent, bagarreur et prêt à « mal tourner », se rêve sculpteur ou footballeur, ses dispositions naturelles le conduisent à fréquenter vers 14-15 ans un collège spécialisé qui le destine à être chef de chœur.

Diplôme en poche, et comme son potentiel de soliste est jugé exceptionnel, il intègre à 17 ans la classe d’Ekaterina Konstantinova Yoffel, qu’il considère comme une « hypnotiseuse », tant elle sait le mettre en conditions pour chanter au mieux. Et dans sa propre voix. Lui qui se
voudrait ténor, promis aux rôles brillants et de premier plan, doit se résigner à être baryton, « la voix des vieux pères et des maris plaqués », se plaisait-il à résumer, une fois sa désillusion admise.

précoce dans une tessiture de baryton où les éclosions sont d’ordinaire plus tardives. Après l’Ecole supérieure des arts, la troupe de l’Opéra d’Etat de Krasnoïarsk. C’est là qu’il débute à 22 ans, dans le rôle du chevalier Marullo, dans Rigoletto, de Verdi. Mais c’est le concours Glinka, compétition de chant la plus importante d’URSS que Hvorostovsky remporte en 1987, qui lance réellement sa carrière. La présidente du jury, la mezzo-soprano Irina Arkhipova, lui conseille de participer au concours international de chant de Toulouse comme au BBC Singer of the World de Cardiff.

La nouvelle idole slave que d’aucuns comparent tant à Noureev et Baryshnikov qu’à Elvis Presley jeune

Le jeune homme obtempère bien sûr et remporte les deux compétitions, respectivement en 1988 et 1989, où, interprétant « Eri tu » d’Un ballo in maschera, de Verdi, il supplante le « régional de l’étape », l’impressionnant Bryn Terfel. Si Dmitri Hvorostovsky renonce à présenter le Concours Tchaïkovski, sésame absolu dans son pays d’origine, sa carrière est d’ores et déjà internationale. Un agent, une maison de disques (Philips) qui mise sur l’artiste à la prestance aussi séduisante que son timbre, et le promeut comme une rock star : tout se met en place pour la nouvelle idole slave que d’aucuns comparent tant à Noureev et Baryshnikov qu’à Elvis Presley jeune !

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2017/11/23/mort-du-baryton-russe-dmitri-hvorostovsky_5219350_3246.html#jqWsERr44eXkQVqz.99

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