Une révolution? Mais quelle révolution?

Pour son centenaire, la révolution d’Octobre fait les gros titres de la presse internationale. Qu’en était-il en France en 1917 ? Ce mois-ci, La Dame de Pique vous propose un feuilleton hebdomadaire pétri des feuillets jaunis de la presse française d’alors.

A la veille du tour de force qui propulsera les bolchéviques au pouvoir en Russie, la presse française semble peu au fait des bouleversements en cours et anticipe peu ceux à venir…

« C’est pour ça qu’aujourd’hui le monde entier fixe ses yeux sur nous, que tous tendent l’oreille à nos moindres propos, afin de bien voir tout, afin d’entendre tous ces mots : c’est la volonté de la Révolution… ». Peut-être que lorsque Vladimir Maïakovski rédige ces vers, en 1920, tous les regards sont en effet tournés vers cette révolution venue du froid et qui a éclaté au soir du 26 octobre 1917 (une date qui équivaut au 6 novembre selon notre calendrier grégorien, NDLR). Mais en ce matin du 7 novembre 1917, la presse française ne semble pas guère préoccupée par ce qui se passe en Russie.

Dans L’Humanité du 7 novembre 1917

Dans le journal L’Intransigeant, coincé entre les revendications de la ligue des boulangères et l’élection du nouveau maire de New-York, un article nous apprend que le nouvel ambassadeur de Russie, M. Maklakov, est arrivé par le train du matin à Paris, en gare du Nord. Spécialiste des institutions politiques de l’antique Athènes, député à la Douma (le parlement russe, NDLR) et protagoniste au rôle trouble lors de l’assassinat de Raspoutine, Maklakov a décrit plus tôt la Russie, en 1915. Pour lui, le pays est alors un véhicule sans plus de freins, lancé à pleine vitesse sur une route étroite bordant un précipice et conduite par un chauffeur devenu fou. Après l’annonce de la prise de pouvoir par les bolchéviques, le changement de « chauffeur » ne semble pas être du goût de Maklakov, et celui-ci décide de demeurer dans l’admirable hôtel d’Estrées, résidence de l’ambassadeur de Russie en France. Il occupera d’ailleurs cet hôtel sept années durant sans être aucunement inquiété, la France se refusant pourtant à reconnaître l’Union soviétique.

Dans L’Humanité du 7 novembre 1917, la révolution n’est pas vraiment à l’ordre du jour non plus : le sujet russe est néanmoins évoqué parmi les nouvelles internationales, avec un titre annonciateur : Un désaccord vient de surgir. Si les informations sont datées du 5 novembre, il est déjà suggéré que l’on est au bord de l’explosion. Face à un gouvernement qui tente de rester uni malgré les multiples désaccords internes, le Congrès général des soviets se tient le 6 novembre tandis qu’une réunion – secrète – des maximalistes (les bolchéviques) – a eu lieu le 1er novembre pour décider s’il doit y avoir ou non une « démonstration armée ». L’Humanité, qui semble bien informée sur le contenu (secret) de cette réunion, indique que Léon Trotsky soutient la proclamation du Soviet en tant que « suprême gouvernement révolutionnaire » afin qu’il instaure la dictature du prolétariat : si une semaine plus tôt, cette position n’est encore que très théorique chez les bolchéviques, sans s’en douter, le journal de Jean Jaurès annonce les événements qui viennent de se produire en Russie.

Lire la suite : http://www.ladamedepique.ru/article/revolution-quelle-revolution

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