Ossip Mandelstam — Anna Akhmatova. Nouvel essai de traduction sans traduire.

Perfectionner sans cesse une traduction est un exercice jubilatoire!

André Markowicz

Ossip Mandelstam — Anna Akhmatova,

« à Cassandre »,
nouvel essai (très long) de traduction sans traduire.

Je pensais à Pouchkine, donc — et puis, de Pouchkine, je repasse au « Soleil d’Alexandre », et je me dis que je voudrais parler du soleil de Pouchkine dans la littérature russe, ou disons de ses échos, de sa présence. Et, vraiment, ce poème de Mandelstam me paraît important, « A Cassandre ».

Si vous voulez bien, nous essaierons de faire comme nous avons fait pour « La Terre natale » d’Anna Akhmatova. Ce ne sera pas une traduction, mais un récit, comme je pourrais le faire de vive voix, — sauf que, là, c’est écrit, mais pas écrit vraiment, puisque c’est FB.

D’abord, le texte russe.

Кассандре

Я не искал в цветущие мгновенья
Твоих, Кассандра, губ, твоих, Кассандра, глаз,
Но в декабре — торжественное бденье —
Воспоминанье мучит нас!

И в декабре семнадцатого года
Всё потеряли мы, любя:
Один ограблен волею народа,
Другой ограбил сам себя…

Когда-нибудь в столице шалой,
На скифском празднике, на берегу Невы,
При звуках омерзительного бала
Сорвут платок с прекрасной головы…

Но, если эта жизнь — необходимость бреда
И корабельный лес — высокие дома, —
Лети, безрукая победа —
Гиперборейская чума!

Больная, тихая Кассандра,
Я больше не могу — зачем
Сияло солнце Александра,
Сто лет тому назад сияло всем?

На площади с броневиками
Я вижу человека: он
Волков горящими пугает головнями:
Свобода, равенство, закон!

C’est un poème écrit en décembre 1917, — après, donc, le coup d’Etat bolchévique, et publié le 31 décembre, dans un journal qui s’appelait « La volonté du peuple » — qui avait été le journal de Kerenski. Publier dans ce journal, à ce moment-là, était donc, d’abord et avant tout, un acte politique.

Akhmatova

*

Ia nié isKAL// v tsvéTOUCHtchié mngoVÉnia,
TvaIKH, KaSSANdra, GOUB,// tvaIKH, KaSSANdra, GLAS,
No v diékaBRIÉ// — tarJESTvennoïé BDÉnia, —
VospamiNAnié MOUtchit NAS

(le // marque les césures.)

Nous avons toutes les formes du iambe — c’est-à-dire d’un vers à la fois solennel, classique, et élégiaque. 10, 12, 10, 8.

Ia nié isKAL// v tsvéTOUCHtchié mngoVÉnia,
Ia : Je
nié isKAL : n’ai pas cherché
v tsvéTOUCHtchié mngoVÉnia, : dans les moments (mngovénia) florissants
TvaIKH, : tes
KaSSANdra, : Cassandre
GOUB,// : lèvres
,// tvaIKH, : tes
KaSSANdra, : Cassandre,
GLAS, : yeux.

« Je n’ai pas cherché dans [pendant ?] les moments florissants [les moments prospères ? — dans les moments de bonheur ?] » — l’expression est en elle-même une espèce de citation du romantisme, mais une citation sans original, pas la citation d’un auteur, celle comme d’une sensation, comme si le lieu commun « les moments florissants » était, en tant que tel, l’expression de l’esprit d’une époque,
« Tes lèvres, Cassandre, tes yeux, Cassandre » — mais l’inversion « tes Cassandre lèvres » est tout juste un peu moins bizarre en russe qu’en français. Il s’agit, là encore, d’une espèce de citation — la citation de ce qu’on pourrait appeler le mallarméisme (le jeune Mandelstam avait traduit des poèmes de Mallarmé, en jouant sur la syntaxe). C’est donc « la belle époque » qui parle dans ces deux vers, construits sur une harmonie parfaite des voyelles — le jeu du OU et du A, et des consonnes — le SKL — IsKAL (j’ai cherché, ou je cherchais) et Cassandra, et « GLAS » les yeux.

No : mais
v diékaBRIÉ// : en décembre
— tarJESTvennoïé : solennelle
BDÉnia, : vigile, veille
« mais en décembre — vigile solennelle —

VospamiNAnié : le souvenir
MOUtchit : torture
NAS : nous
« le souvenir nous torture. »

Quelle vigile ? — Noël, la naissance du Christ, ou le décembre qui vient après novembre, et donc, la vigile, la veille, solennelle, de la naissance d’un autre monde, beaucoup moins rassurant, beaucoup moins « florissant » ?… —

*

No v dékraBRIÉ// semNAdstava Goda
My potéRIAli VSIO, liouBIA :
ADIN aGRAblen// VOliéou naROda,
DrouGOÏ aGRAbil SAM séBIA…

No v dékraBRIÉ : mais en décembre
semNAdstava Goda : de l’an (Goda) 17
My : nous
potéRIAli : avons perdu
VSIO, : tout
liouBIA : en aimant…

« mais en décembre de l’an 17, nous avons tout perdu, en aimant » — oui, en aimant, puisque nous sommes des intellectuels qui « aimons» le peuple…

ADIN : l’un
aGRAblen : dépouillé, volé
VOliéou : par la volonté
naROda, : du peuple

DrouGOÏ : l’autre
aGRAbil : s’est volé/ dépouillé
SAM séBIA… : lui-même, tout seul

« l’un, dépouillé par la volonté du peuple/ l’autre se dépouillant lui-même… »

*

KagDA-niBOUt’,// v staLItsé CHAloï,
NA SKIFskom PRAZdnikié,// na béréGOU NéVY,
Pri ZVOUkakh amerZItelnava Bala,
SarvOUt plaTOK// s préKRASnaï galavy…

KagDA-niBOUt’, : un jour
v staLItsé : dans la capitale
CHAloï, :… je ne sais pas comment traduire cet adjectif, « chalaïa » (chaloï au locatif). littéralement, c’est « espiègle », « polissonne », « badine » — mais on comprend bien qu’il ne s’agit pas de ça. C’est quelque chose de beaucoup plus menaçant, tout en étant gai. « Chalet’ » c’est faire des bêtises, et faire des bêtises que les parents finissent par ne plus contrôler. Mais il y a aussi un autre adjectif, « achalely », qui signifie quelque chose comme « hébété », — comme dans un état second à force de faire des bêtises… — Donc, je ne sais pas quelle traduction vous dire : « un jour, dans la capitale hébétée, effrenée ?.. »
NA SKIFskom PRAZdnikié, : pendant une fête (prazdniké) scythe
// na béréGOU : sur le bord
NéVY, : de la Néva.

Qu’est-ce que c’est qu’une fête scythe ? — C’est une fête non européenne. Il y avait tout un courant de pensée à l’époque — qui est resté, aujourd’hui encore, ô combien puissant — pour dire que l’essence de la Russie n’était pas européenne, mais sauvage, scythe. Et, chose étonnante, c’est seulement un mois plus tard, en janvier 1918, qu’Alexandre Blok, parlant de la Révolution, écrira son poème « Les Scythes » : « Da SKIfi My, da, AziAty My » — « oui, nous sommes des scythes, nous sommes des asiates. »

Pri : aux
ZVOUkakh : sons
amerZItelnava BAla, : d’un bal détestable, dégoûtant, répugnant

SarvOUt : on arrachera
plaTOK// : le foulard
s préKRASnaï : de [sur] la belle
galavy… : tête…

« Aux sons d’un bal répugnant, on arrachera le foulard sur la belle tête… »

Quelle « belle » tête ? Quel foulard ? Quel bal répugnant ?… — S’agit-il du voile d’une vestale qu’on arracherait ? S’agit-il d’autre chose ? Et qu’est-ce que c’est, cette « belle » tête ? — le mot russe pour beau, ici, « prekrasny », c’est un mot très fort. Et qui est cette « tête » ? —

images (3)

Ce poème, Anna Akhmatova disait qu’il lui avait été dédié. Ossip Mandelstam et elle étaient pleinement conscients de ce qui se préparait, et, tous les deux, dès ce moment-là, s’étaient refusés à émigrer. C’est elle qui, en automne 1917, avait écrit un poème dont je vous transcris ici le mot-le mot :

« Quand, dans une angoisse de suicide/ Le peuple attendait ses hôtes allemands,/ Et que l’esprit austère de Byzance/ Abandonnait l’église russe//
Quand la capitale des bords de la Néva,/ Oubliant sa grandeur,/ Comme une prostituée avinée,/ Ne savait pas qui la prenait,//
Une voix me vint. Elle appelait, consolatrice,/ Elle disait « : Viens ici,/ Laisse ton pays obscur et pécheur,/ Laisse la Russie pour toujours//
Je laverai le sang de tes mains/ J’ôterai de ton cœur la honte noire,/Je couvrirai d’un nom nouveau/La douleur des défaites et des offenses. »
Mais indifférente et tranquille/ Je me suis bouchée les oreilles,/ pour que ces paroles indignes/ Ne souillent pas mon esprit endeuillé. »

En russe, quand vous le dites, c’est quelque chose d’absolument sublime, — vous pouvez me croire.
C’est donc ça, chez Mandelstam, le bal répugnant, — c’est une citation du poème que son amie venait d’écrire, et venait de lui lire. — Et, pour le foulard, c’est une citation toute simple : Anna Akhmatova aimait porter un foulard sur la tête — comme les femmes le portent à l’église, évidemment, mais aussi, tout bêtement, comme les paysannes russes : un grand foulard, — qui vous couvre la tête, et c’est vraiment ce mot populaire, « platok », pour désigner le foulard russe, paysan, que Mandelstam emploie. — Et, à propos de citations… Mandelstam parle d’une « capitale — chaloï —… Akhmatova, dans son Requiem, va parler d’une capitale « oditchaloï » — ce qui signifie la même chose, mais encore plus tragique, plus… animal… quand l’ivresse de la folie devient l’ensauvagement… Mais le foulard d’Akhmatova me rappelle un autre poème, celui qu’Alexandre Blok, alors complètement fasciné par l’image de Carmen, lui avait offert (mot-à-mot) : « La beauté est effrayante », vous dira-t-on/ Vous jetterez paresseusement/Votre châle espagnol sur les épaules,/ Une rose dans les cheveux… » — Le foulard est aussi une réponse à ça, avec un jeu, peut-être sur le mot « Châle », qui se retrouve dans la capitale « chalaïa », hébétée, ivre… Akhmatova n’a rien de Carmen, elle est russe, elle n’a pas de châle espagnol mais un foulard de paysanne. —

Un jour, dans la capitale ivre/ pendant un festin scythe, sur les bords de la Néva/ Aux sons d’un bal répugnant/ on arrachera le foulard de [ta] tête magnifique..

*

No esli éta JIZN’ — néobkhoDImost’ BREda
i karaBEL’ny LES— vySSOkié doMA,
liéTI, bezroukaïa poBÉda,
GiperboREIskaia tchouMA.

No esli éta JIZN’ : mais si cette vie
— néobkhoDImost’ BREda : est la nécessité du délire,
i karaBEL’ny LES : et une forêt (lès) à navires
vySSOkié doMA, : les hauts immeubles,

une « forêt à navires », c’est un terme technique — c’est le bois de haute futaie, le meilleur, destiné à la construction navale. — Il s’agit des arbres les plus grands, les plus forts, les plus hauts, spécialement destinés à être vendus à la marine.
« mais si/puisque cette vie est la nécessité (le caractère inévitable) du délire, et si les hauts immeubles sont une forêt à navires, »

liéTI, : vole,
bezroukaïa poBÉda, : victoire (pobéda) sans bras,
GiperboREIskaia : hyperboréenne
tchouMA : peste.

« mais si/puisque cette vie est la nécessité (le caractère inévitable) du délire, et si les hauts immeubles sont une forêt à navires, vole, victoire sans bras, peste hyperboréenne. »

Quelle victoire « sans bras » ? — Si je reviens au poème d’Anna Akhmatova, qui parlait de l’esprit de Byzance, je pense évidemment à la Grèce, et à la Victoire de Samothrace — qui est une statue, quand on la regarde, très effrayante… — oui, la Russie est la troisième Rome, sauf que cette troisième Rome va répandre une peste « hyperboréenne », selon le terme antique, — la nouvelle peste russe, le bolchévisme.

*

Et là, cette strophe qui vient, elle est terrible. Et d’abord, parce que j’en connais autant de versions que d’éditions — parce qu’il apparaît que, même si elle a figuré dans la publication du journal du 31 décembre 1917, Mandelstam l’a supprimée par la suite. Mais c’est dans cette strophe que le nom de Cassandre apparaît.

Bal’Naïa, TIKHaïa KaSSANdra,
Ia BOL’CHÉ nié maGOU — zaTCHEM
SiAlo SONtsé AleXANdra,
Sto liét naZAD, siAlo VSIEM ?

Bal’Naïa, : malade
TIKHaïa : silencieuse
KaSSANdra, : Cassandre,

Ia BOL’CHÉ nié maGOU : Je n’en peux plus
— zaTCHEM : pourquoi (dans quel but, ou à quoi bon) ?

SiAlo : luisait
SONtsé : le soleil
AleXANdra, : d’Alexandre

Sto liét naZAD, : il y a cent ans
siAlo VSIEM ? : luisait pour tous ?

Anna Akhmatova disait que cet Alexandre, c’était Pouchkine. Evidemment que c’est Pouchkine. Mais vous n’imaginez pas les commentaires des éditions savantes en Russie, aujourd’hui… Toutes disent qu’Akhmatova a tort, et qu’il s’agit, puisque nous sommes dans un poème politique, de l’empereur Alexandre Ier. — Mais bien sûr que c’est Pouchkine, et qu’il s’agit de ça : en 1817, — il y a cent ans — Pouchkine venait de sortir du Lycée, et son Soleil commençait à briller. C’est ce soleil qui a brillé pendant tout le XIXème siècle sur la Russie, et, là, au moment où la civilisation s’écroule, Mandelstam pose la question de l’à quoi bon… Comment se fait-il que, sous ce soleil-là, qui luisait « pour tous », nous ayons engendré les monstres qui, aujourd’hui, sont sortis de leur Lycée à eux — ont commencé à luire, dans ce soleil noir de décembre (alors que Pouchkine était sorti du Lycée en juin, au début de l’été, donc). — Et l’image du soleil noir de décembre, de la nuit noire de l’hiver du Pétersbourg soviétique va être une des images centrales de tout le recueil dans lequel ce poème sera publié — « Tristia ». Mais oui, le soleil de Pouchkine lui sur tous, et luit sur nous, encore aujourd’hui, même si « je n’en peux plus ». — C’est cette strophe qui a donné le titre de mon « Soleil d’Alexandre ».

*

Na PLOchtchadi s broniéviKAmi
Ia VIjou tchéloVÉka — on
ValKOV garIACHTCHimi// pouGAiet galavNIAmi :
SvaBOda, RAventsko, zaKON.

On fait le mot à mot complet, sans s’arrêter, et après, on essaie d’expliquer :

Na PLOchtchadi : sur la place
s broniéviKAmi : avec des voitures blindées
Ia VIjou : je vois
tchéloVÉka : un homme
— on : il
ValKOV : les loups
garIACHTCHimi// : enflammés
pouGAiet : effraie
galavNIAmi : avec /des brandons
(il effraie les loups avec des brandons enflammés)
SvaBOda : la liberté
RAventsko : l’égalité
zaKON : la loi

Sur la place, avec des véhicules blindées,
Je vois un homme : il
Effraie les loups avec des brandons enflammés :
La liberté, l’égalité, la loi.

« Sur la place » (peut-être la Place du Sénat, à Pétersbourg, près du Palais d’Hiver, là où avait eu lieu la révolte des décembristes),
et ce mot, invraisemblable dans un poème, « bronevik » — véhicule blindé. En fait, c’est quelque chose comme une auto-mitrailleuse.
« Je vois un homme »…

L’image des loups, au vers suivant, est clair : les véhicules blindés, ils occupent la place, et l’homme est devant eux, comme devant des loups… et il les tient à distance, dans la nuit, il leur fait peur, — il essaie de leur faire peur, avec des brandons allumés… — Je ne sais pas, à chaque fois que je me récite ce poème, j’ai devant les yeux l’image de cet homme devant les chars sur la Place Tien-Anmen. — Les commentateurs disent que cette dernière strophe est une ode à Kérenski (qui avait dirigé le journal dans lequel le poème de Mandelstam était publié)… Je veux bien. Mais il s’agit de bien autre chose.

Vous avez fait attention à la syntaxe invraisemblable ? « les loups — avec ses enflammés — effraie — brandons… » — en français, c’est du charabia, mais, en russe, c’est à la limite du possible, comme, souvenez-vous, le vers consacré à Cassandre, dans la première strophe : « tes — Cassandre — lèvres — tes — Cassandre — yeux ». C’est la syntaxe en elle-même, ici, qui fait la citation. J’avais parlé de citation mallarméenne. En fait, je pourrais dire ça : ce qui parle ici, dans cette syntaxe retournée, ce n’est plus seulement la « belle époque », comme je l’avais au début, c’est la poésie. C’est, encore une fois, Pouchkine — mais pas Pouchkine tout seul, Pouchkine citant… André Chénier. —
Pas le Chénier des élégies, bien sûr, ni celui des bucoliques. Le Chénier des Odes, et surtout le dernier Chénier, celui des iambes, écrits en prison, juste avant sa mort :

« Justice, vérité, si ma bouche sincère
—–Si mes pensers les plus secrets
Ne froncèrent jamais votre sourcil sévère,
—–Et si les infâmes progrès,
Si la risée atroce, ou (plus atroce injure)
—–L’encens de hideux scélérats
Ont pénétré vos cœurs d’une longue blessure,
—– Sauvez-moi. Conservez un bras
Qui lance votre foudre, un amant qui vous venge.
—–Mourir sans vider mon carquois !
Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans la fange
—–Ces bourreaux barbouilleurs de lois,
Ces tyrans effrontés de la France asservie,
—– Egorgée !… O mon cher trésor,
O ma plume ! Fiel, bile, horreur, dieux de ma vie !
—– Par vous seul je respire encor… »

Ma chronique est, comme d’habitude, déjà beaucoup trop longue, mais bon, je n’ai pas pu m’arrêter. — Le fait est que Pouchkine a écrit en 1825 un poème très célèbre (et que j’ai été incapable de traduire pour le « Soleil d’Alexandre ») — un poème qui s’appelle « André Chénier », qui, faisant de Chénier une « persona », décrit la Révolution, et le passage à la terreur. Je vous donne un extrait en mot à mot :
« La loi/ Appuyée sur la liberté, proclamait l’égalité,/ Et nous criâmes : « bonheur » !/ O malheur, ô songe délirant !// Où sont la liberté et la loi ? Sur nous// Ne règne, unique, que la hache.// Nous avons renversé les rois. Nous nous sommes élus comme rois// Un assassin et ses bourreaux… »

La citation est là, la chaîne de la mémoire… — Cette chaîne toujours vivante, et totalement intraduisible, à moins de tout traduire… — La poésie comme Cassandre, — seule, face aux voitures blindées de la terreur.

 Source: https://www.facebook.com/andre.markowicz/posts/1636911036521202:0
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Une réflexion sur “Ossip Mandelstam — Anna Akhmatova. Nouvel essai de traduction sans traduire.

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