Intelligence artificielle, fonctionnement de la pensée et du cerveau

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Quelques ouvrages de référence, pour aborder l’intelligence artificielle, et plus généralement réfléchir aux richesses et aux limites des modèles inspirés de la biologie dans les sciences et technologies de l’information et de la communication.

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Vers une science de la vie mentale

Stanislas Dehaene, leçon inaugurale au Collège de France

Nos opérations mentales, notre pensée, notre conscience sont-ils des objets d’études scientifiques ? C’est la réponse positive à cette question qui a fait entrer Stanislas Dehaene au Collège de France sur une chaire de « psychologie », c’est-à-dire de la science de la vie mentale, ou science de la vie cognitive, qui tente d’énoncer les lois générales de la pensée.
De la perception à l’acte moteur,  du mot au concept, de l’émotion aux souvenirs, de l’introspection à la décision, de la pensée consciente à la pensée inconsciente, le décryptage des opérations mentales permet d’énoncer quelques lois générales et d’en comprendre les origines.

Le basculement de l’énoncé d’idées générales à la découverte de résultats reproductibles au sein de toute l’espèce humaine (quand ce n’est pas dans une grande partie du règne animal) s’est fait grâce à trois leviers. D’abord, le choix d’étudier en profondeur des problèmes très étroits, comme la reconnaissance des visages ou la sélection animale de l’action. Ensuite, le fait de proposer des lois réfutables ou non par l’expérience : nous ne sommes plus dans le domaine des hypothèses mais dans celui des vérifications. Enfin, l’alliance de toutes les sciences invitées à contribuer à cet extraordinaire chantier : biochimie, neurologie, physique, modélisation mathématique et informatique.

Ainsi, les sciences du numérique se retrouvent sollicitées à plusieurs reprises. Des données de l’imagerie cérébrale sont analysées en collaboration avec des mathématiciens et informaticiens. Une fonction cognitive est décrite par un algorithme formel, puis mise en relation avec tous les niveaux d’organisation du cerveau. On ne réduit pas ici un cerveau à un ordinateur : c’est au contraire dans leurs profondes différences que l’on apprend mieux comment fonctionnent l’un et l’autre.

Au cours de cette leçon inaugurale, Stanislas Dehaene illustre son propos par l’étude du sens du nombre, de l’arithmétique élémentaire donc, au niveau du cerveau animal ou humain, fût-il un bébé. Il nous montre la capacité de ces cerveaux à évaluer, sans symbole ni langage, par exemple des quantités de nourriture ou d’adversaires. Il décrit le recyclage des régions cérébrales ancestrales pour implémenter de nouvelles fonctions humaines. Il évoque aussi les liens entre conscience et cerveau.

On découvre l’impact majeur de cette science au plus intime de notre vie ou de celle de nos enfants. Par exemple, pour l’apprentissage de la lecture, des réponses définitives sont données à une certaine errance pédagogique dite « méthode globale ». On imagine que la réflexion philosophique sur ces sujets ne peut plus ignorer de tels résultats scientifiques. La responsabilité juridique pourrait même devoir être repensée à la lumière des recherches sur ce que nous appelons libre-arbitre.

 

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